TANVILLE à travers le temps


Tanville, éloignée du chef-lieu et des villes avoisinantes, entourée par la forêt, a longtemps été un village avec sa vie propre. Par le passé, la commune comptait de nombreux commerces : boulangerie, boucherie, bars, hôtel, marchand de vaisselles, magasin de chaussures, bureau de poste des commerces bien utiles pour une commune qui était loin de tout !

Si l’activité principale de Tanville a longtemps été l’exploitation de la forêt, la commune possédait une coopérative laitière construite en 1912. Son activité cessera vers la fin des années 1950.

Une importante verrerie était installée au Gast (non loin du prieuré du Gast, dont il ne subsiste que 2 pignons de mur insérés dans une grange agricole). 

Etablissement attesté en 1532. En 1870 elle employait environ 250 ouvriers et possédait sa propre école.

Grâce au bois et au sable, on y fabriquait de belles pièces de verre.

La verrerie a dû fermer ses portes vers 1883, trop loin des grands axes routiers et ferroviaires.

Des petits barrages sur la rivière Thouanne, permettaient l’irrigation et alimentaient un moulin à farine (lieu dit 

«Le Moulin»).

Des galeries d’extraction de minerai (de fer vraisemblablement) se situaient sur 

la commune.

Il n’existe plus aucune trace de cette activité.


L’Eglise Saint Martin renferme deux tableaux (panneaux peints) : la Sainte face et les instruments de la Passion, datant du début 19e siècle 

Une statue : la vierge à l’enfant datant du 18e siècle.

Les évènements de juin, juillet et août 1944

après avoir conservé, pendant six jours de combats quotidiens, la maîtrise des opérations dans son secteur, le maquis de Tanville est obligé de s’éparpiller dans la nuit du 12 au 13 juin 1944 devant les forces de 

répression allemandes. Par représailles, furieux de n’avoir pu capturer les éléments F.F.I. qu’ils pourchassaient, les allemands fusillent le maire Mr Camille Olivier et Mr Joseph Laudrin un agriculteur du village

Dans la nuit du 9 au 10 août 1944, le résistant Albert Giroux est arrêté au cours d’une mission et exécuté par les allemands. Sa dépouille sera retrouvée sur le territoire de la commune.

«L’attitude admirable de cette commune au moment du Débarquement mérite une mention toute spéciale. Tous les hommes valides du village, une soixantaine, sous les ordres de leur instituteur, Maurice Vernimmen, abandonnèrent leurs occupations et formèrent un maquis dans la forêt voisine. Le reste de la population s’employa activement à leur procurer des vivres, à leur fournir des renseignements, à les aider autant qu’il fut possible. Dans une région infestée d’Allemands, cette levée en masse de tout un village constitue un fait d’extraordinaire audace.»

Extrait du livre «Clandestinité» du Commandant André MAZELINE Chef départemental des Forces Françaises de l’Intérieur de l’Orne. Aux éditions Tirésias

La forêt d’Ecouves


Elle occupe environ 15 000 hectares et s'étale sur 19 communes (soit sur 18 km de long et 8 à 10 km de large), ce qui en fait l'un des plus vaste massif forestier de la Normandie, si ce n'est le plus vaste de l'Ouest de la France (Pays-de-la-Loire, Bretagne, Normandie).


L’origine de son nom EXCUVIAE, proviendrait de ESUVII (les essuviens, peuple de notre région) lors de la conquête de Jules César. Ou bien de Scopae (brindilles, genêts)


Aux XIe et XIIesiècles, la forêt d'Écouves était possédée par les descendants d'Yves de Creil, seigneur de Bellême, à qui donation avait été faite du domaine d'Alençon vers 942, par Richard Ier, duc de Normandie. Mabille, fille d'un descendants des seigneurs de Bellême et d'Alençon ayant épousé Roger de Montgommery, lui porta en dot le comté d'Alençon. À Roger succéda Robert II, dont l'arrière petit-fils Robert III eut pour fille Rose d'Alençon. Celle-ci épousa vers 1215 Robert Mallet, seigneur de Graville ou Gueraville, qui, avec la seigneurie de Bernay et la Prévoté de Sées, lui apporta les bois Mallet, et le Deffends de Tanville que les successeurs de ce Robin possédèrent jusqu'en 1355, époque où ils furent confisqués sur Jean Mallet pour rébellion envers le roi Jean et réunis à la forêt d'Écouves, qui depuis fait partie du domaine de la couronne. Lorsque la lignée des seigneurs de Bellême et d'Alençon s'éteignit, Philippe Auguste intervint et se fit donner le comté d'Alençon par Hella fille illégitime de Robert III, Émery comte de Chatellerault son époux et Robin Mallet, leur beau-frère. L'acte de cette donation désigne expressément la forêt d'Écouves et la Haie de la Ferrière comme faisant alors partie du comté d'Alençon. Telle est l'origine domaniale de la forêt d'Écouves.

Après 1220, la forêt d'Écouves suivant le sort du comté, puis du duché d'Alençon, fut encore plusieurs fois détachée du domaine. En 1268, Louis IX la donne en apanage à son fils Pierre, avant de retourner au domaine en 1594, à la mort de François, fils de Henri II et dernier duc d'Alençon. Le duché fut par la suite engagé au duc de Wurtemberg, Frédéric de Montbéliard, qui le rétrocéda à la reine Marie de Médicis. Après elle, Gaston d'Orléans, frère du roi Louis XIII, en jouit à titre d'apanage jusqu'à sa mort. Il passa alors à sa veuve, Marguerite de Lorraine, puis à sa fille, la duchesse de Montpensier. De 1696 à 1710, le duché d'Alençon demeure réuni à la Couronne. En 1710, Louis XIV le donne en apanage à son petit-fils le duc de Berry. À la mort de ce dernier, a lieu une nouvelle réunion à la couronne qui dure jusqu'en 1774, à cette époque, le duché se trouve faire partie de l'apanage du comte de Provence, frère du roi Louis XVI.


Durant l'époque moderne, la forêt fut victime d'une pression constante pour la production de bois de feu à destination des nombreuses forges et verreries situées à proximité directe du lieu de production.

Forêt royale depuis 1220, elle avait été très abîmée avant que l'aménagement commencé en 1863 ne la reconstitue en futaie.


En 1667, le roi Louis XIV y avait fait implanter 325 bornes en granit de Hertré (toujours visibles) 

pour marquer la limite de son domaine.


Avant la Révolution, des bornes de signalisation en granit sont placées à proximité des carrefours. 

Au nombre de 80 à ce jour, elles sont inscrites au titre des Monuments Historiques.


En 1882 a été capturé le dernier loup de la forêt.

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Les 12 août et 13 août 1944, un détachement de la 2e Division Blindée du Général Leclerc - la colonne blindée Roumiantzoff - qui venait de libérer Alençon et qui était en route vers Argentan, rejointe par le sous-groupement Putz, s'opposa violemment à des blindés de la 9e Panzerdivision cachés dans la forêt d'Écouves. 

Le fils du colonel Rémy, âgé de 18 ans, et dix-huit autres de ses camarades de combat furent tués. Trois chars Sherman furent perdus lors de ces combats; l'un d'eux, touché par un antichar allemand au lieu-dit Les Gateys, est aujourd'hui implanté au carrefour de la Croix de Médavy pour commémorer ces évènements.

Un peu d’histoire